01 décembre 2008

VINCENT BENARD PUBLIE SUR SON BLOG :Plan de relance, chronique d'un désastre annoncé

vincent benard.jpgVincent Benard publie sur son Blog "objectif liberté" l'excellent article suivant : "Plan de relance, chronique d'un désastre annoncé"

La relance, c'est l'opium des états. V.B.

Nicolas Sarkozy annoncera donc son "plan de soutien très puissant à l'activité économique" ce Jeudi 4 décembre.

Il est trop tôt pour se prononcer sur ce qu'il contiendra, et donc pour émettre des critiques fondées, mais les déclarations du président et ses actions récentes n'incitent guère à l'optimisme. Voyons simplement pourquoi un plan de relance ou de "soutien à l'économie", en général, se révèle au mieux mauvais, et au pire désastreux, et rêvons ensemble, sans grandes illusions, aux bonnes surprises qu'un gouvernement enfin revenu aux réalités pourrait nous réserver.

Les moyens de l'arrosage étatique

Dans les périodes de crise, les individus, par précaution, tendent à réduire leurs consommation de biens durables : automobiles, bâtiments, meubles, Hi-Fi... Ainsi que les dépenses jugées futiles: restauration, voyages, etc... Keynes, le père théoricien des politiques de relance, voyait dans cette épargne de précaution l'ennemi mortel de la reprise de l'économie. Un plan de relance Keynesien consiste donc à substituer à la dépense privée qui se raréfie une dépense publique soit générale, soit ciblée sur certains secteurs que le gouvernement considère comme essentiels pour de multiples raisons, comme le BTP ou l'automobile.

La gamme de moyens envisageables est large: achats publics directs, subventions aux achats privés, subventions au crédit. Mais quels que soient les moyens retenus, ces plans de relance tendent toujours à déverser de l'argent public dans l'économie, pour pousser les agents économiques à consommer plutôt qu'à épargner.

Ces plans, comme toute intervention de l'état, charrient des tombereaux d'effets pervers.

Le problème du financement du plan de relance

Tout argent public déverser quelque part ne tombe pas du ciel. Le gouvernement a trois moyens de le trouver:

> Tout d'abord, il peut augmenter les impôts. Ce faisant, il prend aux agents économiques des ressources que ceux-ci auraient pu affecter à des achats satisfaisant leurs propres besoins, pour les réaffecter aux secteurs que ses technocrates jugent prioritaires. Il tend donc seulement à réaffecter les ressources qui auraient été à Paul dans la poche de Pierre. Ce qui ira à Renault ou à Bouygues (ce qu'on voit) n'ira pas au Club Med ou à Sterckeman ou à des milliers de PME inconnues (ce qu'on ne verra pas) qui satisfont des besoins exprimés directement par les ménages. Et il est rare que les grands programmes d'infrastructures généralement décidés dans ces circonstances ne comportent pas leur lot d'éléphants blancs dans le désert et de ponts vers nulle part.

> Plus généralement, il peut relancer la dépense par le creusement des déficits. Mais dans ce cas, il doit emprunter l'argent qu'il dépense, ce qui a deux conséquences. La première est qu'une partie des détenteurs de dettes étant des nationaux, ceux ci choisissent donc de financer la dépense de l'état: l'effet est sensiblement le même que celui de l'impôt, sauf que le prêteur touche un intérêt. D'autre part, un pays comme la France peut attirer des capitaux étrangers, et donc faire payer par des capitaux venus de l'extérieur sa relance.

Seul problème: en augmentant son besoin de crédit, il augmente mécaniquement le taux d'intérêt auquel les agents économiques acceptent de lui prêter. Ce phénomène sera exacerbé par la concomitance de plans de relance à l'échelon mondial: la compétition pour les capitaux susceptibles de se prêter aux états sera plus rude, et fera monter les taux longs demandés aux états, notamment ceux considérés comme les moins fiables. Cette remontée se répercutera évidemment sur les entreprises, qui empruntent généralement plus cher leur argent que ne le fait un état, du moins tant que la signature de celui ci est considérée comme sûre. Cette hausse aggravera la situation de nos entreprises les plus fragiles.

> Enfin, certains états peuvent être tentés... D'imprimer leur monnaie. Dans ce cas, l'inflation s'installe, et l'incertitude avec elle, car lorsque l'inflation commence à déraper, personne ne sait comment cela évoluera à long terme:  les taux d'intérêts augmentent d'autant, et l'initiative privée se fait moins enthousiaste, car nul ne peut prédire ce que les valeurs créées aujourd'hui vaudront demain. Espérons qu'aucune grande puissance économique n'aura recours à de tels expédients, mais il est hélas possible que certains y songent sérieusement.

> Il existe une méthode plus subtile de favoriser la création monétaire: en subventionnant le crédit, c'est à dire la création de monnaie par les banques. Mais là encore, la mesure est inflationniste: en abaissant la barrière à l'entrée au crédit, l'état abaisse la qualité moyenne des emprunteurs, et donc provoque une augmentation des taux marginaux de défaillance... Cette création de monnaie sans création de valeur d'une part favorise l'inflation des biens accessibles par le crédit, et d'autre part fragilise le bilan des banques. Rappelons que ce sont différentes formes de subventions massives au crédit aux USA qui ont provoqué le marasme actuel. La relance par création de monnaie sans création de contrepartie en valeur réelle est toujours le prélude à de très graves ennuis.


Quelle que soit la méthode retenue, le financement d'un plan de relance se révèle au final coûter bien plus cher à long terme aux agents économiques que ce qu'il apporte à court terme. La relance, c'est l'opium des états

Le problème des comportements induits

Les plans de relance, en ce sens qu'ils sont le plus souvent sectoriels, tendent généralement à orienter la dépense privée (celle qui reste possible après les impôts...) vers les biens subventionnés au détriment de ceux qui ne le sont pas: si le gouvernement subventionne les automobiles, c'est le moment d'en acheter une, et de remettre à plus tard d'autres achats. Cela tend à renforcer l'effet de mauvaise allocation des ressources décrit plus haut.

En outre, les entreprises ont alors intérêt à consacrer plus d'énergie à devenir bénéficiaires de largesses qu'à mieux satisfaire leurs clients. Aussi, elles tendent à réduire leurs efforts d'amélioration au profit du lobbying, d'où une moindre propension des entreprises à améliorer leur offre: celles qui sont subventionnées parce que l'aide de l'état accroît sans effort la demande, celles qui ne le sont pas parce qu'a contrario leur demande baisse, réduisant leur espoir de retour sur investissement.

Par conséquent, le processus d'amélioration constante de l'offre qui tend à augmenter  continuellement notre pouvoir d'achat, en renouvelant l'offre disponible tant en qualité qu'en coût, se trouve ralenti.

Or, le seul moyen de renverser les comportements "excessivement" prudents des consommateurs est que l'offre des entreprises s'améliore dans de telles proportions (en nouveauté ou en prix) que les ménages se disent qu'il est trop dommage de rester sur la réserve et qu'il "faut y aller". Bref, la séduction de l'offre est le remède le plus efficace contre la morosité des agents économiques. Voilà qui n'étonnera guère.

Nous voyons donc que la relance par la dépense publique tend à inhiber ces évolutions comportementales, retardant la sortie de la crise.

Le faux problème de l'épargne

Keynes voyait dans l'épargne un ennemi, et pensait que le rôle de l'état en temps de crise était de favoriser la consommation des ménages. Il avait évidemment tort.

L'épargne, lorsqu'elle est dirigée vers des investissements directs ou des prêts consentis de manière libre aux acteurs les plus susceptibles de procurer du retour sur investissement, n'est que de la consommation légèrement différée. Si, au lieu d'acheter un Home Cinéma dernier cri, j'investis la même somme dans des nouvelles entreprises, ou dans des fonds obligataires qui  prêtent à des entreprises qui achètent de nouvelles machines, les salariés de l'entreprise fabriquant les machines iront à leur tour acheter des Home Cinéma, mais entre temps, mes fonds auront servi à former du capital productif qui contribuera à améliorer l'offre existante. Si au contraire, la consommation immédiate augmente au détriment de l'épargne productive, alors ce processus vertueux de renouvellement des facteurs de production est amoindri, et la croissance avec lui.

En revanche, l'épargne, lorsqu'elle tend à être orientée vers des obligations d'état, ne fait que financer l'agent économique le plus inefficace qui soit, celui dont les dépenses créent le moins de capital utile à la création de valeur ultérieure. L'augmentation des besoins de financement des états par la dette crée donc un effet d'éviction: la mauvaise épargne tend à amoindrir les ressources disponibles pour la bonne.

Non, décidément, aucun avantage de long terme ne peut être trouvé à une relance par la dépense publique.

L'expérience confirme la théorie: le cas du Japon

Sans remonter jusqu'au New Deal, un exemple récent d'échec flagrant de politique de relance par la dépense publique et l'endettement de l'état devrait nous amener à réfléchir.

Au début des années 90, le Japon a vu l'explosion d'une bulle immobilière qui a provoqué un affaiblissement des banques, une raréfaction du crédit, et donc une crise conjoncturelle d'envergure. Cela ne vous rappelle rien ? Vous avez compris, le Japon a connu la même crise que celle que nous vivons, il y a 18 ans.

Qu'a fait le gouvernement de l'époque ? Il a lancé des plans de relance absolument gigantesques devant lesquels moult observateurs de l'époque se sont extasiés, vantant la "puissance de la réaction de l'état japonais face à la crise". Le poids de l'état japonais dans l'économie est passé de 31% à 38% en moins de 10 ans. Cette stratégie fut poursuivie dans les années 2000. Pour quels résultats ?

Alors que le Japon avait connu une croissance de 4% par an dans les années 80, celle ci fut inférieure à 1% par an dans les années 90. Le Japon découvrit le chômage – certes de façon moins aiguë qu'en Europe, mais ce fut un traumatisme pour ce pays qui n'y était pas habitué – et ne s'est jamais réellement remis de cette période dépensière qui a coïncidé avec une explosion de sa dette publique, chiffrée à 176% du PIB fin 2007... 

En outre, cette période a coïncidé avec le rachat de Subaru par GM (revendu très récemment à Toyota), Mazda par Ford (en cours de revente), puis plus récemment Nissan par Renault... Même si par la suite les repreneurs ont connu des fortunes diverses, et si cela ne doit pas faire oublier l'éclatante réussite de Honda ou de Toyota, la très mauvaise décennie 90 de l'automobile Japonaise, qui devait tout écraser sur son passage dans les années 80, est le symbole le plus frappant du tout relatif déclin industriel qui a accompagné la hausse du poids direct de l'état dans l'économie.

Les bonnes surprises que nous ne verrons pas dans le plan Sarkozy

J'espère me tromper, mais la seule relance efficace, celle susceptible de nous sortir assez rapidement de la crise et de façon saine, ne figurera pas au plan annoncé par Nicolas Sarkozy: une baisse drastique de toutes les charges grevant la formation de capital au sein des entreprises, et des taxes punitives sur les hauts revenus susceptibles de s'investir dans de nouvelles entreprises. Une telle baisse de taxes, pour être efficace, ne doit pas être compensée par des hausses d'autres impôts et doit donc être financée exclusivement par une baisse tout aussi spectaculaire des dépenses publiques. Par exemple, une suppression de toutes les interventions directes dans l'économie, telles que les "aides" à l'emploi, subventions "Grenelle" et autres subventions d'équilibres aux canards boiteux du secteur public...

Une telle politique produirait les effets vertueux antagonistes des abominations provoquées par la relance publique: renforcement des capitaux propres des entreprises, augmentation des dépenses d'investissement orientées vers une meilleure satisfaction des besoins de la clientèle, baisse des activités de lobbying et des efforts de captation du produit de l'impôt par des entreprises peu efficaces, etc...

Il n'est de bonne relance que par réduction du poids de l'état dans l'économie.

28 novembre 2008

COMMUNIQUE DU PARTI LIBERAL DEMOCRATE

 

Logo_majuscules_envol.JPGLe gouvernement lance un fonds plus spéculatif que souverain

 

« Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement d’un fond souverain français, le Fonds Stratégique d'Investissement, doté de 20 milliards d’euros. La France ne dispose hélas pas des ressources adéquates pour le financer. Est-ce bien raisonnable d’endetter une fois de plus les Français pour spéculer à crédit ? L’Etat se considère-t-il plus compétent que les professionnels des marchés financiers pour s’engager dans ce type d’opérations à effet de levier ? En cherchant à ériger ainsi une ligne Maginot pour protéger nos entreprises des prétendus « prédateurs étrangers », le gouvernement fait fausse route et met en péril notre économie. Pour assurer le retour de la croissance et assurer leur développement, nos entreprises ont besoin des capitaux étrangers, des marchés extérieurs et, surtout, de vraies réformes. 

Les fonds souverains permettent à des pays disposant de ressources énergétiques ou d’une balance commerciale très largement excédentaire de recycler leur épargne nationale en investissements de longue durée. En France, nous avons un déficit public annuel proche de 50 Mds d’euros, et un fort endettement public, sans même parler des engagements de retraite qui n’apparaissent pas au bilan de l’Etat. Par conséquent, il n’est pas raisonnable d’accroître cet endettement de 20 Mds pour démarrer ce fonds qui s’annonce surtout spéculatif avec un fort effet de levier.

Par ailleurs, on expose le contribuable à un double risque si on substitue une gestion plus politique à l’approche économique. Celui de l’inefficacité de l’action du fonds, et celui d’encourir des pertes. Ces 20 Mds d’euros sont dérisoires face aux milliers de milliards des fonds souverains, des fonds de pension et des autres acteurs financiers majeurs. Ces décisions non économiques risquent d’aboutir à des pertes importantes qui viendront alourdir davantage la dette publique qui n’en a pas besoin. Surtout si elles sont prises par des fonctionnaires qui ne maîtrisent pas la gestion du risque. 

Enfin, plutôt que de qualifier les investisseurs étrangers de « prédateurs », n’oublions pas qu’ils représentent avant tout une aubaine pour obtenir davantage de capitaux et ouvrir de nouveaux marchés. Rappelons qu’EDF n’hésite pas à acheter des fleurons énergétiques étrangers, et que la banque française BNP Paribas a réalisé une belle opération dans son développement en rachetant la banque Fortis de l’Etat belge, qui n’a pas ce genre de préjugé. Alors que nos entreprises disposent d’un fort potentiel de croissance avec leurs capacités d’exportation et de développement à l’étranger, le repli protectionniste pourrait bien les étouffer davantage.  

Plus que jamais, les entreprises françaises doivent être libérées de leurs entraves actuelles. C’est la condition essentielle pour que notre économie s’en sorte le plus vite et que l’emploi reparte. L’urgence est à la simplification du marché du travail et à l’allègement des prélèvements et des charges administratives pesant sur leur activité. Assumons enfin nos talents, et profitons des ouvertures qu’offre la mondialisation ! »

 

19 novembre 2008

François LEOTARD publie "CA VA MAL FINIR"

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Note de lecture publiée sur ce blog en mars dernier mais encore plus d'actualité après la conclusion de l'enquête clearstream ou le congrès de Reims ...
François LEOTARD – « ça va mal finir » – édition Grasset mars 2008

François Léotard s’est exilé volontairement de la politique, il y a déjà plusieurs années après les élections régionales de 1998 ou il avait refusé de suivre les présidents de région s’alliant avec l’extrême droite pour rester ou devenir majoritaires et démissionné de la présidence de l’UDF.

Il s’est tourné depuis vers l’écriture avec un succès qui à fait de lui un auteur sérieux et reconnu**

Il y revient tardivement avec un livre écrit dans un style direct adressé au nouveau président de la République Nicolas Sarkozy, livre au ton sarcastique dans lequel ne peuvent que se reconnaître les électeurs centristes qui à défaut de découvrir le comportement cynique et opportuniste de la droite dite « gaulliste » avaient, un temps, avec les autres électeurs de droite cru à une réelle volonté de réforme.

Hélas rien ne change si ce n’est en plus ridicule et irrespectueux du suffrage universel, à l’image de ce look « bling bling », insulte grave à la France qui souffre et qui se débat dans les pires difficultés. La déception de François Léotard et la sévérité subséquente de son jugement est d‘autant plus forte qu’il semble avoir eu une certaine sympathie pour l’homme qu’il a soutenu aux dernières présidentielles.

Qu’on ne s’y trompe pas cette sévérité n’est pas tournée uniquement vers le président de la République, elle concerne aussi les autres acteurs du paysage politique qu’ils soient socialistes ou centristes sans boussole ( Bayrou) et nous signale la perte de sens et de respect des valeurs qu’incarne la génération politique actuelle quand ce n’est pas son mépris, à peine déguisé, des électeurs.

Nul doute que ce message, si ce n’est ce cri de désamour, va être ressenti comme le leur par beaucoup de femmes et d’hommes de droite comme de gauche qui s’étaient impliqués en politique au nom de leur valeur et qui, au niveau national comme au niveau local, ne s’estiment plus dignement représentés.

** « à mots découverts » 1987, « je vous hais tous avec douceur » 2000, « la couleur des femmes » 2002, « à mon frère qui n'est pas mort » 2003 dédié à son frère Philippe Léotard, « la vie mélancolique des méduses » 2005, « le silence » 2007.

 

 

07 octobre 2008

LE QUOTIDIEN LES ECHOS A SCRUTE LE PROJET DE BUDGET POUR 2009

BUDGET 2009 : Le quotidien "les échos" de ce jour mardi 7 Octobre nous apprend quelques chiffres intéressants sur le train de vie de l'Etat :

"Les crédits de l'Elysée en hausse de 11 % : 112,3 millions au total.

Pour 2009, le projet de loi de Finances prévoit des hausses de crédits significatives pour la mission « pouvoirs publics ». La présidence de la République voit son enveloppe budgétaire augmenter de 11,4 %, pour atteindre 112,3 millions d'euros. L'an passé, le périmètre de l'Elysée avait été modifié par le Parlement, de façon à consolider tous les crédits de fonctionnement et de rémunération des personnels, sommes jusqu'alors assumées par une douzaine de ministères. L'enveloppe de la présidence était ainsi passée de 32,3 à 100,8 millions.

L'Assemblée voit son budget 2009 enregistrer une progression de 3,8 %, à 554,2 millions, tandis que celui du Sénat, à 332,2 millions, n'évolue que de 1,4 %, car il est demandé à la Haute Assemblée, comme en 2008, de puiser sur ses réserves. La Chaîne parlementaire bénéficie d'une hausse de 7,4 %, à 30,7 millions. Mais le record de hausse est accordé au Conseil constitutionnel, dont les crédits passent de 7,7 à 12,5 millions (+ 60,7 %)."

Question simple, certainement du niveau du café du commerce du coin de la rue, mais marquante :

Comment convaincre les français que les caisses sont vides qu'avec la crise financière, la récession.. etc. chacun va devoir faire un effort financier important .. s'il n'y a pas de mesures même financièrement symboliques qui seraient aussi convaincantes qu'une réduction du train de vie de l'Etat ...

Mais savent ils encore « la haut » comment vivre plus décemment ou économiser notre argent, et comment ils demandent aux Français de vivre ?

 

19 septembre 2008

LE TABLEAU QUI SE PASSE DE COMMENTAIRES !!

Qui a dit que la Droite Française est Liberale . "gardez moi de mes amis, je m'occupe de mes ennemis" variation personnelle du fameux proverbe.

Les impôts et taxes créés depuis 2003
2003
Taxe sur les imprimés non sollicités 25 millions d’euros Votée en 2003 au titre de la lutte contre les activités polluantes, entrée en vigueur en juillet 2008 : 0,91 € par kilo de papier distribué, au-delà de 500 kilos par an.

2004

Contribution sur les dispositifs médicaux 400 millions d’euros Votée en 2004, entrée en vigueur au début de 2006 : 10 % des frais engagés pour la promotion et la distribution de certains dispositifs médicaux ou produits de santé.
2005
Taxe sur les carburants 20 millions d’euros Votée en 2005, en vigueur depuis le 1er janvier 2006, pour inciter à l’incorporation de biocarburants dans le super et le gasoil. Plus il y en a, moins les compagnies paient. Si elles n’en mettent pas du tout, la taxe est de 6 %.
Taxe sur les éoliennes implantées en mer NC Votée en 2005, en vigueur depuis le mois dernier. Facultative. Les communes du littoral ayant vue sur ces éoliennes ont le droit de prélever 12 000 € par mégawatt installé.

2006

Taxe additionnelle à la carte grise 20 millions d’euros Votée et appliquée depuis le début 2006 sur les véhicules neufs en fonction du CO2 qu’ils dégagent : 4 € par gramme au-delà de 250 grammes de C02 par kilomètre parcouru.
Taxe sur les déchets NC Votée et appliquée en 2006. Facultative. Les communes peuvent taxer les déchets déposés dans leurs incinérateurs ou leurs décharges à raison de 1,5 € par tonne.
Taxe sur les résidences mobiles terrestres NC Votée en 2007, applicable à partir du 1er janvier 2010 sur celles faisant fonction de résidence principale : 25 € par mètre carré.
Taxe sur les friches commerciales NC Votée en 2006, applicable en 2008. Facultative, prélevée par les communes sur les installations commerciales inoccupées : de 5 % à 30 % du revenu net servant de base à la taxe professionnelle, selon la durée d’inoccupation.
Taxe de solidarité sur les billets d’avion 160 millions d’euros Votée en 2005, appliquée depuis le 1er juillet 2006 : entre 1 et 40 € sur chaque billet d’avion transitant par la France.
2007

Taxe sur le charbon

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5 millions d’euros

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Votée en 2006, appliquée depuis le printemps 2007. Payée par les fournisseurs sur leurs livraisons de charbon, de houille et de lignite utilisés comme combustible.

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Taxe sur les poissons, crustacés et mollusques 80 millions d’euros Votée en 2007 pour financer le « plan pêche » (aides aux marins-pêcheurs affectés par la hausse du gasoil), appliquée depuis le 1er janvier 2008 : + 2 % sur le prix des produits de la mer (sauf huîtres et moules) vendus en grandes surfaces.
Eco-pastille 470 millions d’euros Bonus-malus écologique sur le prix d’achat des véhicules neufs, en vigueur depuis le 1er janvier 2008. Mais le bonus coûtant trop cher à l’Etat, il pourrait être prochainement supprimé.
Taxe sur les copies privées 167 millions d’euros Prélevée depuis le 1er janvier 2006 sur tous les supports numériques permettant le piratage (DVD vierges, clés USB, baladeurs MP3, disques durs, cartes mémoire, etc.). Récemment désavouée par le Conseil d’Etat au motif que l’Etat « n’a pas à percevoir les fruits de la contrefaçon ». Mais seuls les appareils « de salon » devraient en être exemptés.
Taxe exceptionnelle sur les compagnies pétrolières 150 millions d’euros Votée fin 2007, financée par les compagnies pétrolières. A permis de doubler la « prime à la cuve » (150 €) de 700 000 foyers non imposables l’hiver dernier.
Contribution exceptionnelle sur les ventes en gros de produits pharmaceutiques 50 millions d’euros Créée en 1991, reconduite, de façon dite « exceptionnelle », chaque année : 1,50 % de la progression annuelle du chiffre d’affaires des fournisseurs des pharmacies.
Contribution patronale sur les stocks-options 250 millions d’euros Votée fin 2007, appliquable dès cette année : 10 % de la valeur des stock-options et des actions distribuées par les entreprises (2,5 % de leur valeur nominale).
Taxe sur les huiles et les lubrifiants à usage perdu NC En vigueur depuis le 1er janvier 2008 : 44 € par tonne de lubrifiant susceptible de produire des huiles usagées non recyclables ou non biodégradables.

2008

Taxe sur les mutuelles et les complémentaires santé 1 000 millions d’euros Décidée cet été par les ministres de la Santé et des Finances, mais pas encore votée, elle portera sur le chiffre d’affaires de toutes les complémentaires santé (92 % des assurés en ont une) en 2009, avec un taux calculé pour qu’elle rapporte 1 milliard d’euros. Coût qui sera probablement répercuté sur les tarifs des mutuelles.
Taxe de 1,1 % sur les revenus du capital pour financer le RSA Non encore calculé Sont concernés les revenus tirés de l’assurance-vie, des actions et du foncier. Ne le sont pas ceux des livrets (dont le A). Décidée il y a moins de 15 jours, elle s’ajoutera en 2009 aux prélèvements fiscaux (18 %) et sociaux (11 %) qui pèsent déjà sur les revenus du patrimoine et des placements.
2009
Taxe sur les grosses cylindrées Non encore calculé 260 € par an, dès 2009, en plus du « malus » de 2 600 € à l’achat, pour tous les véhicules (1 % du parc automobile français) émettant plus de 250 grammes de CO2 par kilomètre.
Taxe sur les entreprises pour le financement des syndicats Non estimé Votée dans le cadre de la loi de rénovation de la démocratie sociale, mais faisant toujours l’objet d’âpres discussions avec le Medef : environ 0,15 % de la masse salariale, déduction faite des autres dépenses sociales (CE, crédits d’heures).
Chèque transport NC Décidé en juin, mais très difficile à négocier dans les régions dépourvues de transports en commun. Les entreprises et les pouvoirs publics se partageront la facture.
Taxe sur les opérateurs de télévision, de téléphonie et d’internet 80 millions d’euros Dès 2009 : 0,9 % du chiffre d’affaires des opérateurs de téléphonie et des fournisseurs d’accès à internet ; 3 % des recettes publicitaires des chaînes de télévision privées. Le tout pour financer la suppression de la publicité sur les chaînes publiques.

** Avec une nette accélération depuis l'élection de Nicolas Sarkosy

Sources : Commission des Finances de l’Assemblée nationale et iFRAP.

Cet article et ce tableau ont été publiés dans le Figaro Magazine n°906 du 6 septembre et sur le site de l'IFRAP le 12 septembre 2009

30 août 2008

A CHAQUE PROBLEME SA TAXE

Logo_majuscules_envol.JPGLettre d'information du Parti Libéral Démocrate - A chaque problème sa taxe

Pendant que la majorité assiste médusée à l’étrange politique de Nicolas Sarkozy, aucune alternative n’émerge sur la scène politique. Le centre reste fragmenté. La gauche cherche sa voie entre la tentation social-démocrate de Bertrand Delanoë et la déferlante anti-capitaliste d’Olivier Besancenot. Plus que jamais, les Français ont besoin d’entendre la voix du bon sens, une voie libérale, neuve et pragmatique. Cette voix, c’est celle du Parti Libéral Démocrate.

Hélas, il semble que le gouvernement ait choisi de profiter du ralentissement mondial pour se transformer en apôtre de la décroissance. Sans remettre en causes ses propres dépenses toujours pharaoniques, le gouvernement n’hésite pas à mettre en péril notre économie déjà souffreteuse avec une série de nouvelles taxes. Après celles du Grenelle de l’Environnement, aux effets climatologiques plus qu’incertains, nous en paierons aussi de nouvelles sur Internet et sur la téléphonie mobile pour financer l’audiovisuel public sans oublier, étalée sur 3 ans, la hausse de 1% des charges sociales sur le travail. En janvier, nous aurons donc la taxe supplémentaire de 1 % sur les revenus du capital. Sans rompre avec la tradition dirigiste française, le gouvernement a systématisé le principe suivant : à chaque problème sa taxe.

Le nouveau mécanisme du Revenu de Solidarité Active, qui se substituera à différentes aides actuelles, n’est pas inintéressant. Nous aimerions toutefois connaître l’évaluation de son impact économique et social. Mais il vient s’ajouter à un système de protection sociale déjà considérablement étoffé et que personne ne veut alléger et simplifier. Notre modèle social français reste donc profondément injuste et inefficace. En déstructurant le lien social, il entretient la « guerre des deux France » tant dénoncée par Jacques Marseille. Au final, le gouvernement veut continuer à imposer aux Français une surconsommation forcée de prestations publiques, payées au prix fort et sans concurrence. Et nous en sommes réduits au rôle de marionnettes manipulées par des leviers fiscaux au gré des humeurs et de l’inventivité fiscale de gouvernants éphémères.

Plutôt que des nouvelles contraintes, les Français veulent des emplois, une amélioration de leur qualité de vie et un avenir plus souriant. Si le gouvernement maintient une politique sociale ambitieuse, il ne peut se permettre de sacrifier ce qui la finance : la création de richesse. Son devoir est au contraire de libérer les leviers de la croissance. François Fillon ayant annoncé qu’il souhaitait engager (enfin !) des réformes structurelles, voici trois axes que nous lui recommandons :

  • Soulager la vie des entreprises de charges inutiles qui brident leur développement. Ce sont elles qui redonneront des couleurs à notre économie en créant de la richesse et des emplois, en améliorant le niveau de vie général du pays.
  • Libérer le marché du travail de ses rigidités dénoncées par tant d’experts, de droite comme de gauche, pour que les embauches se multiplient et que le chômage ne soit plus une angoisse.
  • L’Etat doit montrer l’exemple, réformer sa structure pour faire mieux avec moins. Les Français exigent légitimement d’en avoir pour leur argent. Si la réduction de la dépense publique devient une priorité, l’Etat doit pouvoir enfin valoriser son capital humain grâce à la suppression du statut spécifique de la fonction publique.
Vous souhaitez vous exprimer sur le sujet, rencontrer des responsables de notre formation implantée dans de nombreuses régions françaises ou apporter votre pierre à l’édifice ? Je vous invite aussi à participer à notre Université d’Eté qui se tiendra du 5 au 7 septembre en Bourgogne, à une heure de TGV de Paris ou de Lyon. Tous les renseignements pratiques se trouvent sur le site www.universiteliberale.fr. Rassemblant des libéraux venus de toute la France (ainsi que d’Italie, de Belgique) dans une ambiance chaleureuse, vous y entendrez des intervenants de qualité, pourrez débattre très librement des réformes que vous considérez prioritaires en termes de libertés politiques, sociales et économiques.
Si vous souhaitez en savoir plus sur le Parti Libéral Démocrate et sur nos propositions, sur notre site (http://www.partiliberaldemocrate.fr/), envoyez-nous un mail (info@p-l-d.fr) ou appelez-nous au 0870 465 704. Nos équipes s’empresseront de répondre à vos questions.

 En vous remerciant de votre attention,

 Aurélien Véron, Président du Parti Libéral Démocrate

28 juillet 2008

UN AN DE PRESIDENCE SARKOSY

Logo_majuscules_envol.JPGVoici plus d'un an Nicolas Sarkosy était élu Président de la République dans de bonnes conditions électorales sur un programme de réformes et sur un discours de rupture.

Une fois l'anniversaire passé, les débats parlementaires au repos et la logique estivale ayant imposé un rythme plus tranquille, il est temps de "jeter un premier coup d'oeil" sur l'année écoulée.

Le Parti Libéral Démocrate (PLD), ni groupie ou opposant professionnel s'est essayé, avec sérénité d'évaluer le chemin accompli :

"Quel bilan les libéraux peuvent-ils tirer de cette année de "rupture" ? Les réformes, quoique nombreuses, restent globalement superficielles. Après plusieurs décennies d'immobilisme, il semble bien difficile à Nicolas Sarkozy de changer brutalement de rythme. Plus inquiétant, elles manquent de cohérence lorsqu'elles ne sont pas carrément néfastes.

Pas grand chose de réjouissant avec six nouveaux impôts, un Grenelle de l'environnement qui promet d'être dévastateur s'il est mis en oeuvre, un rapport Attali apparemment enterré. Certes, les Français souhaitent la poursuite des réformes structurelles, mais avec davantage de rigueur et un peu moins de "bling-bling" (ce qui explique la meilleure image de François Fillon).

Parmi les 55 réformes engagées, nous pouvons tout de même nous satisfaire d'avoir vu tomber plusieurs tabous : la représentativité syndicale, l'autonomie des universités, la flexibilité du travail, la remise en question des corporatismes ou la baisse des effectifs de l'Etat. Mais avec le dosage homéopathique de ces réformes, les Français risquent de se prendre  le mur bien avant l'horizon lointain.

Après un an à l'Elysée, Nicolas Sarkozy semble avoir compris ses erreurs de forme, mais aussi de fond. S'il ne veut pas se chiraquiser, il lui faut maintenir le rythme des changements. Mais s'il veut réussir, il lui faut se recentrer sur la croissance, seule manière efficace de s'attaquer au chômage et au déclin du pouvoir d'achat, préoccupations majeures des Français.

Or, la croissance obéit à des règles universelles. En France, elle reste bridée par des blocages structurels qu'il ne tient qu'à lui de faire sauter. Ce sera l'enjeu de la Loi de Réforme de l'Economie. Marché du travail, enseignement et l'Etat, voilà les 3 axes de réforme incontournables auxquels il va devoir s'attaquer rapidement s'il veut que ses effets positifs se fassent sentir avant la fin de son mandat. C'est le moment d'écouter les libéraux et de mettre en oeuvre leurs recommandations dans ces domaines."

Il y a donc encore beaucoup à faire pour progresser réellement dans le sens du retour aux équilibres et certainement revoir le mode de gouvernance actuell fondé sur la recette "discours de rupture" associé à "réforme homéopathique".

Et si nous essayons le dyptique "discours pédagigue et serein avec des réformes d'ampleur" ?? tous les indicateurs montrent que les Français sont désormais convaincus de la nécéssité de réformes même si par principe ils ne souhaitent pas être les premiers touchés.

Pour en savoir plus : http://www.lepartiliberal.fr/

 Voir dans ce blog la note du 10 juin dernier : le libéralisme ca marche : l'exemple de la nouvelle Zélande

24 juin 2008

CLEARSTREAM / la véritable victime : la liberté de la presse

Nous apprenons ce jour, que suite aux différentes condamnations dont il  a fait l'objet le journaliste d'investigation Denis Robert qui a mené toute la partie investigations sur les mecanismes bancaires liés à la banque CLEARSTREAM jette l'éponge et s'interdit désormais tout commentaire ou interview.. à ce propos ;

Nul doute que l"homme a mené ses investigations sans s'exclure de ses propres à-priori, passions et point de vue sur un certain monde bancaire.

Son travail , tout perfectible qu'il soit et nous ne sommes normalement pas des enfants incapables de prendre du recul vis a vis de ses conclusions, a contribué à nous éclairer sur le travail d'une partie du monde bancaire, au sein même de l'Union Européenne, travail qui nous était jusqu'alors complètement inconnu.

Nul doute aussi qu'il ne faut pas attendre du monde politique qui a fait de ce dossier un champ de bataille entre ambitions concurrentes, de peser pour apporter un peu de clarté sur le fond de cette affaire comme sur les pratiques bancaires invoquées par monsieur Denis Robert, bien au contraire.

Une fois de plus, le monde politique, qui se refugie derrière un monde judiciaire qui tout en faisant son travail ne peut éviter de voir ses décisions politiquement utilisées, cherche a nous convaincre selon le fameux prinicpe :

 "circulez il n'y a rien a voir"

Cela mérite bien un coup de chapeau à monsieur Denis Robert, jounaliste d'investigation métier manifestement de plus en plus difficile à exercer, qui sans être un saint dans l'histoire, a plutôt joué dans le sens de la manifestation de la vérité.

Bruno Morin

déclaration de Denis Robert sur son blog :

http://www.ladominationdumonde.blogspot.com

 

29 mars 2008

LIBERALISME ET POLITIQUE INDUSTRIELLE : allez chercher votre dictionnaire

L’actualité économique de ces dernières semaines me conduit à me lancer (et à vous proposer) dans la rédaction d’une série de trois modestes réflexions sur le libéralisme et la politique industrielle en examinant l’action des acteurs économiques français et du premier d’entre eux, l’Etat sensé être dirigé par des tenants du libéralisme économique.

Cette réflexion s’articule autour :

1 - la discrète information sur STMicroelectronics en date du 27 février dernier (présente pas très loin de nous au Rousset – communauté du Pays d’Aix) et celle plus médiatique sur la visite du Président Sarkosy en Lorraine chez Arcelor-Mittal ;

2 - l’interview du 13 mars dernier dans le quotidien « LA TRIBUNE » de Monsieur Bernard BRUN dirigeant d’un grand groupe industriel et président de l’Association de documentation Industrielle (ADI) titrée «pour un remaniement industriel » ;

3 - l’interview du 25 mars dernier dans le quotidien « LA TRIBUNE » de Monsieur Pierre GATTAZ président de la fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC) titrée «entre libéralisme et volontarisme industriel ».

Au premier article, je constate navré que nos dirigeants ne savent même pas ce que veut dire libéralisme avant de me voir confirmer au second article que nos industriels ont été émasculés par la tradition française de dirigisme économique d’Etat mais enfin de pousser un soupir de soulagement au dernier article constatant qu’il y a quand même des dirigeants d’entreprise dans des secteurs innovants qui ont une vision plus réaliste des qualités et défauts d’une politique industrielle efficace.

Si aujourd’hui notre pays est probablement le meilleur exemple pratique du CAPITALISME MONOPOLISTIQUE D’ETAT tel que dénoncé mais secrètement admiré dans le même sentiment passionnel par les marxistes (si il y en a encore…), il y a quelque espoir de modifier cette vision du monde économique.

  1. le 27 février dernier, l'Etat Français annonce fièrement l’acquisition de 2,85 % du capital de l’entreprise STMicroelectronics acheté à un groupe Italien Finmeccanica pour 260 millions d’euros.

Cette information passe quasiment inaperçue alors qu’elle émane directement d’un communiqué de l’Elysée (et non pas comme habituellement de Bercy) et qu’elle est largement détaillée avec le motif officiel qu’il s’agit de protéger l’indépendance de ce groupe franco-italien qualifié – comme c’est l’usage en cette matière – de « fleuron de l’industrie française »…. Il est vrai que depuis la « jurisprudence » Bruni ce qui est pour partie italien est presque à nous …en tout cas de la famille !!

Nous apprenons pêle-mêle par la suite que :

  • le prix est susceptible d’évoluer à la hausse en fonction des cours de la bourse,

  • du coup, la participation de l’état français se monte à 13,75 % du capital,

  • le ministère de l’économie a «validé» un plan de développement de l’entreprise pour le site de Crolles (Isère) fondé sur une subvention de l'Etat,

  • STMicroelectronics conduit une politique de croissance externe à coups de rachat a 100% de filiales (GENESIS en décembre 2007),

  • Qu’il y a une certaine grogne des salariés du Rousset augmentés de 1 % en 4 ans.

Et « cerise sur le gâteau » que :

  • ce « fleuron de l’industrie française » appartient principalement et à parité aux états Italiens et Français (13,75 % chacun),

  • le développement du site de Crolles (en partie sur fond public) se fera « en partenariat » avec …. IBM,

  • STMicroelectronics est une société internationale de droit HOLLANDAIS enregistrée à AMSTERDAM avec une direction administrative à GENEVE et une direction opérationnelle à… MILAN… « honni qui soit mal y pense » diraient nos amis royalistes anglais.

Et l’ÉLYSÉE se vante de l’achat de ces actions….en se faisant passer pour le grand ordonnateur du monde economique français acteur en guerre dans la mondialisation.

Quelques jours après le président SARKOSY va aller expliquer aux salariés d’ARCELOR-MITTAL en Lorraine – là, je la fais très courte- que l’Etat Français mettra « la main à la poche » pour préserver l’emploi dans cette entreprise très bénéficiaire, grande consommatrice d’argent public et appartenant à une famille les MITTAL très bien répertoriée dans le classement des plus grandes fortunes mondiales.

Les chiffres ? disponibles sur le net :

Arcelor-Mittal a fait plus de 6 milliards d'euros de profits en 2007 ; Lakshmi MITTAL est 4 ème dans le classement 2008 des fortunes mondiales du magazine Forbes avec une estimation proche de 45 milliards d'euros ; depuis 1999 et les differents plans de restructuration, l'Etat français et la communauté européenne doivent approcher les 100 milliards de subvention ..... pour une perte d'emplois évaluée à 75 % des effectifs de 1999.

Le 4 février, Nicolas Sarkozy débarque 45 minutes à gandrange pour y annoncer son intention de financer "tout ou partie" des investissements qui "auraient du être faits depuis longtemps sur le site et qui n'ont pas été faits". Le coût de ces investissements, est évalué un minimum de 30 millions d'euros, d'aucun parlent de 50 millions d'euros.

 

Madame LAGARDE, ministre de l'économie, s'élève assez violemment contre le terme de "subventions" utilisé par la presse ;

Epilogue : le Président de la République envisage donc de financer la modernisation d'une usine appartenant à un groupe industriel étranger, à hauteur de 30 millions d'euros et sans aucune contrepartie officielle.

Dans le même temps, les mêmes dirigeants politiques passent leur temps à vous expliquer, qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat , qu’il faut supprimer des postes et réduire les budgets des fonctions régaliennes de l’Etat soit en particulier l’Education Nationale, la Justice et la santé, missions dont l’importance est vitale pour l’harmonie et le développement de notre société …. Sans pour autant restreindre leur propre train de vie aux frais de l’Etat.

De tels comportement ne peuvent être que considérés comme une insulte au libéralisme qui s'il entend proteger la sphère individuelle et la liberté d’entreprendre, se donne aussi comme mission d’assurer, de défendre et de fournir un service de qualité à la population dans les secteurs essentiels que sont l’éducation, la justice, la sécurité, la santé …

Cet Etat marche sur la tête…ne le traitez pas pour autant de libéral ou d’ultra libéral…… c’est même l’inverse.

Petit exercice de détente : l’affaire STM nous coûte à minima, 260 millions d’euros (hypothèse la plus basse, sans compter les subventions et l’absence de rentrées fiscales puisqu’il s’agit d’une société de droit Hollandais ) et celle d'Arcelor 30 millions d'euros ; que feriez vous de cet argent dans les secteurs de la justice, la santé ou l’éducation…. … exprimez vous, vous y gagnerez .. ma reconnaissance…

Bruno Morin,

Un libéral qui n’as toujours pas guéri !!

 

Les parties 2 et 3 de cet article à venir (…)