16 juin 2008
LE NON DES IRLANDAIS AU TRAITE DE LISBONNE
La République d’Irlande, seul pays de l’Union obligé de consulter sa population par voie de référendum (1) vient de le rejeter par une franche majorité (53,4% des voix) . Tout se passe comme si, malgré l’apparent unanimisme qui soutient le traité de Lisbonne qui est celui des autorités politiques, parlements et gouvernements compris, les électeurs Irlandais après les Français et les Hollandais se faisaient – à 4 millions -, les portes paroles de 490 millions d’Européens citoyens de l’Union.
Seuls l’Espagne et le Luxembourg ont apporté une réponse positive sur la première version de traité dans le cadre d’un référendum.
Comme le dirait l’autre au comptoir du café du commerce « l’essentiel c’est le message !! »
Le plus surprenant, c’est que les politiques, comme hier et avant–hier pour la France et les Pays Bas, s’interrogent aujourd’hui non pas sur la signification de ce résultat émanant d’une population parmi les plus bénéficiaires de l’Union depuis son intégration, mais… sur les façons de le contourner !!
Ce qui en dit long sur la conception de la démocratie de nos dirigeants, comme en dit long le refus des 26 Etats de consulter leurs électeurs par référendum qui trahit un évident manque de confiance dans le résultat envisagé.
CA SUFFIT !! il serait grand temps que la réflexion ne porte plus sur le :
« comment continuer en contournant les peuples »
Mais bien sur
« comment reconstruire l’Europe pour qu’elle emporte l’adhésion de sa population. »
Quelques constatations de base sur le divorce désormais évident entre les institutions de l’Union et ses citoyens :
1ère constatation qui est une lapalissade :
Ces votes négatifs sont l’expression d’un rejet ou a tout le moins d’un manque de confiance dans les institutions européennes actuelles ; nulle part – sauf a ce que cela ait échappé à mon attention- le principe même d’une entité européenne n’est mise en cause.
2ème constatation :
C’est plutôt son déficit démocratique dans la représentation des citoyens comme dans son fonctionnement bureaucratique qui est mis en cause. Il ne se passe pas de semaines sans qu’une décision de Bruxelles, n’ayant aucune légitimité démocratique ne sois ressentie comme invraisemblable par les citoyens concernés.
3ème constatation :
Le but sacré, initial du marché commun des Adenauer et Schuman, fondé sur le refus de toute guerre et pour rendre la paix incontournable en Europe a disparu avec l’éclatement de l’ex –Yougoslavie à nos portes.
Nous n’avons pas assez perçu qu’en échouant à imposer la paix à nos voisins des Balkans, l’Union a clairement démontré la faillite de ce qui faisait son honneur et sa légitimité ; depuis il ne reste que la bureaucratie de Bruxelles.
4èmeconstatation :
La faillite de l’Union repose sur le constat aveuglant de l’incapacité des institutions actuelles de faire d’un géant économique sur la défensive, autre chose qu’un nain politique à l’échelle mondiale et donc de protéger économiquement comme politiquement ses propres ressortissants.
5ème constatation :
Le non choix des politiques entre une Europe fédérale, une Europe confédérale ou même une Europe à plusieurs vitesses nous a conduit dans l’impasse.
Pour paraphraser le droit commercial, Si l’Union Européenne veut éviter demain la liquidation, elle doit aujourd’hui nous présenter un plan de redressement très sérieux, plan qui devra obtenir l’approbation d’une majorité de citoyens de l’Union.
Le pire de mon point de vue, c’est que ce challenge se présente au moment où la France, à qui donc échoit une responsabilité historique, prends la présidence de l’Union …….
Il appartient donc à Nicolas Sarkozy, qui assure la présidence de l’Europe le 1 er juillet, de réconcilier l’Union et ses citoyens ; qu’il réussisse et il sera enfin le Président que les français attendent et nous lui en serons tous reconnaissants.
Qu’il continue, sur cet enjeu majeur pour les trente prochaines années, à confondre vitesse et précipitation, action et agitation, et la crise sera d’abord une crise politique nationale avec un président contesté dans sa légitimité et durablement coupé d’une majeure partie de la population française.
Les six mois à venir sont de ceux qui marquent un pays pour une génération si ce n’est plus.
Bruno Morin, Européen convaincu … mais pas de cette Europe là
15:31 Publié dans LA PENSEE UNIQUE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : europe, référendum, irlande, bruno morin













