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19 avril 2008
PAQUE JUIVE ET PAQUE CHRETIENNE
Similitudes et oppositions
essai très personnel d'analyse en parrallèle
Cette année encore, pâque chretienne et pâque juive sans se correspondre à une date exacte, jouent à cache cache pour se succèder à quelques jours d'intervalle, presqu'un mois cette année.
Le jour de Pâques, jour de la résurrection du Christ chez les chrétiens a été fixé cette année le 23 mars dernier ; la Pâque Juive – PESSAH- commence avec le repas du seder et pour deux jours essentiels les 19 et 20 avril.
Cette différence de date est due à la volonté chretienne de faire correspondre la commémoration à un jour de Dimanche suivant la pleine lune de printemps (grosso modo de fin mars à la fin avril chaque année) et ce depuis le concile de Nicée en 325, tandis que la tradition hebraïque fixe la date au jour même de la pleine lune de printemps , jour fixe dans le calendrier hébraïque le 14 du mois de Nisan.
Dans les deux cas l'élément de réference est constitué par la pleine lune de printemps. Plus profonde est la différence de l'évènement commémoré comme sa signification dans chaque religion.
Chez les chrétiens, c'est la commémoration de la résurrection du Christ après sa crucifixion , après donc qu'il soit mort pour que les péchés des chretiens soient pardonnés par Dieu. C'est donc l'accomplissement d'un destin pour un meilleur devenir de l'homme.
Chez les juifs, plus qu'une célébration tournée vers le passé, il s'agit là de fêter la naissance du peuple Juif au moment où il prends conscience de lui-même en tant que peuple en choisissant le départ d'Egypte vers la terre promise.
Dans les deux cas, le mot Pâques, exprime bien sa filiation hébraïque en accord avec sa signification initiale soit le « passage » vers un mieux être , une lumière...
Le christ en ressuscitant après être mort pour sauver les chrétiens, affirme par là que la vie ne s'arrête pas avec la mort et que l'espérance se poursuit. Le peuple Juif en traversant la mer Rouge pour rejoindre la terre promise se conforme ausssi à cette vision d'un passage vers une plus grande espérance.
Il n'y a qu'à voir la place que ces deux évènements occupent chacun dans les textes sacrés des deux religions pour comprendre qu'il y a là pour les deux un acte fondateur : la foi chrétienne ne serait probablement pas constituée sans la résurrection du christ, le peuple Juif n'existerait pas en tant que tel sans cette traversée de la mer Rouge a pied sec.
La ressemblance s'arrête là :
Chez les chrétiens, la commémoration de Pâques ets un acte de reconnaissance éternelle pour le sacrifice du christ pour le bonheur des croyants ; il s'agit donc d'une reconnaissance de l'intervention divine pour ressussciter, garder l'espoir en un monde meilleur, espoir « OCTROYE » par Dieu dans sa grande bonté.
Chez les juifs, la célébration de Pessah prends la forme d'un fête familiale autour d'un repas -le seder- ou les membres racontent la sortie d'Egypte et associent leur enfants au récit de cette histoire ... vécue comme une épopée guerrière ou le peuple juif après deux siècles d'esclavage par les égyptiens, peuple dominateur doué à l'époque de la plus grande expertise technique et sociale ..
Ce peuple "évolué" sera finalement vaincu, grâce à l'intervention divine qui après avoir ouvert les eaux pour permettre aux juifs de sortir d'Egypte, va les refermer sur l'armée du pharaon ( ah les peplums tournés par l'industrie cinématographique ont parfois du bon !!).
Dans un cas (les chretiens) est manifestée une reconnaissance à une autorité supérieure qui garanti la vie après la mort .. dans l'autre cas un peuple se dote d'une identité et d'un avenir certes avec l'aide de l'intervention divine.
Dans la première hypothèse, le disciple est dans une position inférieure de reconnaissance ce qui va entraîner un rite ou une liturgie lourde qui ouvre la place à une « église institutionelle » porte parole et intermédiaire entre dieu et ses fidèles.
Dans la seconde hypothèse, un leader emmène son peuple conscient de son identité nouvelle au pied du mont Sinai pour «formaliser» l'accord entre Dieu et son peuple : les dix commandements. Là le message est plus égalitaire et l'assemblée des croyants a prise sur sa propre destinée pour autant qu'elle reste en accord avec son Dieu.
La seconde vision est plus porteuse d'une vision positive car ne conditionne pas l'avenir du croyant à la seule bienveillance de son Dieu. Cette vision est d'autant plus positive qu'elle commémore la victoire d'un peuple d'opprimés contre les opresseurs à l'époque les plus évolués économiquement, socialement et techniquement.
Gageons que ce second message qui s'adresse non pas à un individu mais à une communauté pour ne pas dire une nation (puisque cette communauté est consciente d'elle-même et de son vouloir vivre ensemble) est naturellement plus audible dans le monde d'aujourd'hui ou cette conscience de nation qui va parfois jusqu'au nationalisme (la négation de l'autre) est très présente chez les peuples non chretiens.
Gageons enfin que dans le monde « mondialisé » ou rien de sa beauté comme de sa laideur planétaire ne nous est épargné, l'absence de place pour une certaine responsabilité autre qu'individuelle n'est pas étrangère à la désaffection que connaissent les religions chrétiennes par rapport à d'autres religions... mais il ne s'agit la que d'une « vision » ( osons ce mot dans cet article !! ) toute personelle.
Et pour terminer plus légèrement souhaitons bon anniversaire à notre ami Jean Michel bon chrétien qui fête ses quarante ans le jour de Pessah....
Bon anniversaire Jean-Michel
02:24 Publié dans AUTRES REGARDS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paques, pessah













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