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29 mars 2008
LIBERALISME ET POLITIQUE INDUSTRIELLE : allez chercher votre dictionnaire
L’actualité économique de ces dernières semaines me conduit à me lancer (et à vous proposer) dans la rédaction d’une série de trois modestes réflexions sur le libéralisme et la politique industrielle en examinant l’action des acteurs économiques français et du premier d’entre eux, l’Etat sensé être dirigé par des tenants du libéralisme économique.
Cette réflexion s’articule autour :
1 - la discrète information sur STMicroelectronics en date du 27 février dernier (présente pas très loin de nous au Rousset – communauté du Pays d’Aix) et celle plus médiatique sur la visite du Président Sarkosy en Lorraine chez Arcelor-Mittal ;
2 - l’interview du 13 mars dernier dans le quotidien « LA TRIBUNE » de Monsieur Bernard BRUN dirigeant d’un grand groupe industriel et président de l’Association de documentation Industrielle (ADI) titrée «pour un remaniement industriel » ;
3 - l’interview du 25 mars dernier dans le quotidien « LA TRIBUNE » de Monsieur Pierre GATTAZ président de la fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC) titrée «entre libéralisme et volontarisme industriel ».
Au premier article, je constate navré que nos dirigeants ne savent même pas ce que veut dire libéralisme avant de me voir confirmer au second article que nos industriels ont été émasculés par la tradition française de dirigisme économique d’Etat mais enfin de pousser un soupir de soulagement au dernier article constatant qu’il y a quand même des dirigeants d’entreprise dans des secteurs innovants qui ont une vision plus réaliste des qualités et défauts d’une politique industrielle efficace.
Si aujourd’hui notre pays est probablement le meilleur exemple pratique du CAPITALISME MONOPOLISTIQUE D’ETAT tel que dénoncé mais secrètement admiré dans le même sentiment passionnel par les marxistes (si il y en a encore…), il y a quelque espoir de modifier cette vision du monde économique.
- le 27 février dernier, l'Etat Français annonce fièrement l’acquisition de 2,85 % du capital de l’entreprise STMicroelectronics acheté à un groupe Italien Finmeccanica pour 260 millions d’euros.
Cette information passe quasiment inaperçue alors qu’elle émane directement d’un communiqué de l’Elysée (et non pas comme habituellement de Bercy) et qu’elle est largement détaillée avec le motif officiel qu’il s’agit de protéger l’indépendance de ce groupe franco-italien qualifié – comme c’est l’usage en cette matière – de « fleuron de l’industrie française »…. Il est vrai que depuis la « jurisprudence » Bruni ce qui est pour partie italien est presque à nous …en tout cas de la famille !!
Nous apprenons pêle-mêle par la suite que :
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le prix est susceptible d’évoluer à la hausse en fonction des cours de la bourse,
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du coup, la participation de l’état français se monte à 13,75 % du capital,
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le ministère de l’économie a «validé» un plan de développement de l’entreprise pour le site de Crolles (Isère) fondé sur une subvention de l'Etat,
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STMicroelectronics conduit une politique de croissance externe à coups de rachat a 100% de filiales (GENESIS en décembre 2007),
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Qu’il y a une certaine grogne des salariés du Rousset augmentés de 1 % en 4 ans.
Et « cerise sur le gâteau » que :
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ce « fleuron de l’industrie française » appartient principalement et à parité aux états Italiens et Français (13,75 % chacun),
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le développement du site de Crolles (en partie sur fond public) se fera « en partenariat » avec …. IBM,
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STMicroelectronics est une société internationale de droit HOLLANDAIS enregistrée à AMSTERDAM avec une direction administrative à GENEVE et une direction opérationnelle à… MILAN… « honni qui soit mal y pense » diraient nos amis royalistes anglais.
Et l’ÉLYSÉE se vante de l’achat de ces actions….en se faisant passer pour le grand ordonnateur du monde economique français acteur en guerre dans la mondialisation.
Quelques jours après le président SARKOSY va aller expliquer aux salariés d’ARCELOR-MITTAL en Lorraine – là, je la fais très courte- que l’Etat Français mettra « la main à la poche » pour préserver l’emploi dans cette entreprise très bénéficiaire, grande consommatrice d’argent public et appartenant à une famille les MITTAL très bien répertoriée dans le classement des plus grandes fortunes mondiales.
Les chiffres ? disponibles sur le net :
Arcelor-Mittal a fait plus de 6 milliards d'euros de profits en 2007 ; Lakshmi MITTAL est 4 ème dans le classement 2008 des fortunes mondiales du magazine Forbes avec une estimation proche de 45 milliards d'euros ; depuis 1999 et les differents plans de restructuration, l'Etat français et la communauté européenne doivent approcher les 100 milliards de subvention ..... pour une perte d'emplois évaluée à 75 % des effectifs de 1999.
Le 4 février, Nicolas Sarkozy débarque 45 minutes à gandrange pour y annoncer son intention de financer "tout ou partie" des investissements qui "auraient du être faits depuis longtemps sur le site et qui n'ont pas été faits". Le coût de ces investissements, est évalué un minimum de 30 millions d'euros, d'aucun parlent de 50 millions d'euros.
Madame LAGARDE, ministre de l'économie, s'élève assez violemment contre le terme de "subventions" utilisé par la presse ;
Epilogue : le Président de la République envisage donc de financer la modernisation d'une usine appartenant à un groupe industriel étranger, à hauteur de 30 millions d'euros et sans aucune contrepartie officielle.
Dans le même temps, les mêmes dirigeants politiques passent leur temps à vous expliquer, qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat , qu’il faut supprimer des postes et réduire les budgets des fonctions régaliennes de l’Etat soit en particulier l’Education Nationale, la Justice et la santé, missions dont l’importance est vitale pour l’harmonie et le développement de notre société …. Sans pour autant restreindre leur propre train de vie aux frais de l’Etat.
De tels comportement ne peuvent être que considérés comme une insulte au libéralisme qui s'il entend proteger la sphère individuelle et la liberté d’entreprendre, se donne aussi comme mission d’assurer, de défendre et de fournir un service de qualité à la population dans les secteurs essentiels que sont l’éducation, la justice, la sécurité, la santé …
Cet Etat marche sur la tête…ne le traitez pas pour autant de libéral ou d’ultra libéral…… c’est même l’inverse.
Petit exercice de détente : l’affaire STM nous coûte à minima, 260 millions d’euros (hypothèse la plus basse, sans compter les subventions et l’absence de rentrées fiscales puisqu’il s’agit d’une société de droit Hollandais ) et celle d'Arcelor 30 millions d'euros ; que feriez vous de cet argent dans les secteurs de la justice, la santé ou l’éducation…. … exprimez vous, vous y gagnerez .. ma reconnaissance…
Bruno Morin,
Un libéral qui n’as toujours pas guéri !!
Les parties 2 et 3 de cet article à venir (…)
17:41 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stmicroelectronics, sarkosy, liberalisme, etat, bruno morin














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